Vieillir, c’est aussi continuer à participer : des solutions concrètes pour agir
Pourquoi la participation sociale est essentielle pour les personnes aînées ?
La participation sociale des personnes aînées est un enjeu central en ce qui concerne le vieillissement en santé. En effet, plusieurs recherches démontrent qu’elle constitue un facteur déterminant pour le bien-être physique, cognitif et psychosocial des personnes âgées. Selon Raymond et al. (2008), la participation sociale leur permet de (re)donner un sens à leur parcours de vie, de créer et maintenir des liens significatifs et d’exercer un rôle actif dans leur communauté.
Par ailleurs, la participation sociale est également reconnue comme un élément clé de la prévention des problèmes de santé physique. À cet égard, Bath et Deeg (2005) soulignent que :
« […] en plus de contribuer à prévenir ou à retarder le début de maladies et d’incapacités reliées à l’âge, la participation sociale pourrait aider à modifier leurs effets sur la qualité de vie des personnes aînées. Ainsi, être en situation de participation sociale pourrait aider à composer avec les conséquences de problèmes de santé grâce aux apports psychologiques de la participation sociale et au soutien social qu’elle engendre généralement. »
Cette vision rejoint les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2002), qui considère la participation sociale comme l’un des trois piliers du vieillissement actif, aux côtés de la santé et de la sécurité. En favorisant des interactions régulières et significatives, les initiatives qui encouragent la participation sociale permettent donc aux personnes aînées de renforcer leur autonomie et leur capacité d’adaptation aux différentes transitions de vie.
Les défis actuels de la participation sociale des personnes aînées
Malgré les nombreux bienfaits de la participation sociale, plusieurs obstacles freinent l’engagement des personnes aînées dans leur communauté.
- L’isolement social : Avec l’avancée en âge, la perte de réseaux sociaux (retraite, déménagement, perte d’un proche) ou autre peut réduire les occasions d’interactions et accentuer un sentiment de solitude.
- Les enjeux de santé mentale et physique : L’anxiété, la dépression ou certaines limitations physiques peuvent être des barrières majeures.
- Le manque d’espaces accessibles et inclusifs : Tous les milieux ne sont pas adaptés aux besoins des personnes aînées, que ce soit en termes de transport, d’accessibilité physique ou d’accueil bienveillant.
- L’âgisme : Des paroles ou des comportements basés sur l’âge peuvent mettre les personnes aînées à l’écart et nuire à leur participation dans la communauté.
- Le manque d’information : Une méconnaissance des ressources disponibles, des activités offertes ou des moyens d’y accéder peut freiner l’engagement.
Le programme Participe-Présent en CCL : une réponse aux défis de la participation sociale
Pour répondre à ces enjeux, la Fédération québécoise des centres communautaires de loisir (FQCCL) a adapté un programme développé par le Centre de recherche et d’expertise en gérontologie sociale (CREGÉS) et l’Équipe VIES, en collaboration avec le GIREIL de l’Université du Québec à Trois-Rivières.
En plus d’essayer de contrer les obstacles à la participation sociale, l’un des objectifs fondamentaux de Participe-Présent est d’offrir aux personnes aînées de reprendre une place active dans la communauté et d’exercer un pouvoir sur leur propre parcours de vie. Après tout, ce sont elles les expertes de leur propre vie ! En favorisant un cadre bienveillant et inclusif, le programme permet aux personnes participantes d’identifier leurs forces, d’explorer de nouvelles opportunités et de retrouver confiance en leurs capacités d’action.
Comment fonctionne le programme Participe-Présent en CCL ?
Le programme se déroule sous forme de 10 ateliers de groupe (6 à 12 personnes aînées), où les échanges et le partage d’expériences sont au cœur de l’apprentissage. Les thèmes abordés tentent de stimuler la réflexion et l’engagement.
« J’aime ça échanger avec d’autres personnes qui sont différentes, c’est vraiment riche… j’ai appris dans le programme des organismes intéressants qu’il y a dans mon quartier, ça m’a donné un élan pour faire des activités que je n’avais jamais faites. »
Vous souhaitez implanter le programme dans votre milieu ?
Références
Bath, P. A., & Deeg, D. (2005). Social engagement and health outcomes among older people: Introduction to a special issue. European Journal of Ageing, 2(1), 24-30.
Organisation mondiale de la santé. (2002). Vieillissement actif : Un cadre politique. Genève : OMS.
Raymond, É., Grenier, A., & Beaulieu, M. (2008). La participation sociale des personnes aînées dans une perspective de vieillissement en santé : réflexion critique appuyée sur une analyse documentaire. Vie et vieillissement, 7(1), 34-45.