Le bénévolat en loisir, 10 ans après

20 novembre 2014


Le Laboratoire en loisir et vie communautaire de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) dévoilait le 7 novembre dernier les résultats de son étude intitulée Le bénévolat en loisir et en sport, 10 ans après.

Faits saillants

Notons d’abord qu’en matière de temps donné, deux modèles de bénévoles cohabitent : il y a ceux qui donnent du temps sur une base régulière et ceux qui donnent des capsules de temps, de façon sporadique, au gré de leurs disponibilités. La première enquête sur le bénévolat en loisir au Québec, effectuée en 2001, estimait leur nombre à 500 000. 10 ans plus tard, ils seraient environ 590 000. Une nette augmentation.

L’enquête nous apprend par ailleurs que 106 millions d’heures ont été consacrées au bénévolat en loisir au Québec en 2012. Si l’on en évalue la valeur financière en tenant compte du salaire moyen, cela équivaut à 1,9 milliard de dollars et correspond à 57 000 postes à temps plein.

Le bénévolat en loisir joue donc sans conteste un rôle important dans le développement des communautés et favorise le maintien d’une offre de loisirs accessible. Mais il est aussi très important pour le développement des individus. La satisfaction des bénévoles constitue d’ailleurs la principale source de rétention. Il semble que le bénévolat en loisir soit vécu comme une expérience de qualité, et que les relations entre bénévoles et professionnels soient harmonieuses. Cela explique sans doute en partie pourquoi près de la moitié des bénévoles qui ont participé à l’étude ont dit avoir l’intention de poursuivre leur engagement « aussi longtemps que possible ».

Pistes d’action

Les résultats de l’enquête ont aussi permis aux chercheurs de dégager des pistes d’action pour l’avenir afin, notamment, d’assurer la qualité et la satisfaction de l’expérience bénévole. En voici quelques-unes:

  • Les bénévoles s’engagent le plus souvent de leur propre initiative mais aussi parce que des amis les ont invités à le faire ou encore parce que des gens de l’organisme sont venus les voir. En ce qui concerne le recrutement, il est donc important que les organisations répondent aux initiatives individuelles et osent demander aux futurs bénévoles de joindre leurs rangs.
  • Tout comme le recrutement, l’accueil des bénévoles doit garder un caractère convivial. L’enquête démontre en effet qu’ils ne sont pas très friands des formalités. Il faut donc les réduire au minimum, éviter les protocoles d’accueil, les cérémonies spéciales et les engagements écrits.
  • Les bénévoles en loisir accordent beaucoup d’importance à la tâche qu’ils doivent accomplir. Ils veulent savoir quoi faire et s’assurer qu’ils auront le temps de le faire et les capacités pour réussir.
  • L’encadrement des bénévoles repose avant tout sur la qualité des relations entre bénévoles et professionnels. À ce chapitre, il s’agit de conseiller plutôt que de diriger. Aussi, les activités d’apprentissage informelles sont à privilégier. Les bénévoles ont indiqué qu’ils préfèrent largement apprendre par la discussion et dans l’action. Les échanges avec d’autres bénévoles, ou encore le parrainage, sont donc tout indiqués.
  • Les bénévoles en loisir demandent à être davantage informés et consultés. Ils se sentent ainsi plus impliqués, plus utiles, et cela augmente leur sentiment d’appartenance à l’organisation. Ils ont également besoin d’être reconnus par des gestes d’appréciation qui valorisent leur engagement.

Pour en savoir plus: faits saillants de l'étude.

Le rapport intégral de la recherche sera bientôt disponible sur le site de l’Observatoire québécois du loisir. Il pourra être consulté en cliquant sur l’onglet Journée de l’OQL puis sur l’onglet Actes.